Thales Alenia Space se prépare pour l’Usine du futur

Thales Alenia Space se prépare pour l’Usine du futur

Par Patrick Déniel –

Thales Alenia Space se prépare pour l’Usine du futur
Thales Alenia Space se prépare pour l’Usine du futur © Pascal Guittet – L’Usine Nouvelle

Le fabricant de satellites Thales Alenia Space repense ses process industriels avec l’évolution du marché des satellites. Les nouvelles technologies devraient lui permettre d’accélérer ses cadences.

Un nouveau venu est en train de prendre ses marques dans le hall d’assemblage de l’usine ThalesAlenia Space (TAS) de Cannes (Alpes-Maritimes). Il s’appelle Saphir. Ce robot Kuka avance son bras et exerce ses mouvements autour d’un panneau « nid d’abeille » en aluminium percé de plusieurs milliers de trous. Bientôt, c’est lui qui viendra fixer sur le panneau les quelques 3500 inserts servant à accrocher les équipements du satellite.Un deuxième robot, travaillant en « temps masqué » (pendant que l’autre machine effectue son opération), l’aidera dans sa tâche.

« Jusqu’ici, plusieurs personnes réalisaient ces opérations en étant allongées sur des grandes tables au-dessus du panneau pour appliquer ces inserts, explique-t-on dans l’atelier de montage des satellites. Cela prenait trois semaines pour terminer un panneau. Le robot mettra moins d’une semaine ». La machine, équipée d’une caméra, effectue en plus des mesures de contrôle de l’affleurement des pièces avec une précision inégalée. Saphir devrait être en production dès l’automne dans l’atelier de montage.

MOINS CHER ET PLUS VITE

Il est le premier élément visible d’une réflexion entamée par le groupe sur l’Usine du futur. « Nous sommes à la croisée des chemins », affirme Jean-Philippe Jahier, directeur de l’innovation et du déploiement des nouvelles technologies de TAS. Objectif : aller plus vite dans les process. Les évolutions du marché des satellites avec le développement des grandes constellations, va obliger les fabricants à automatiser leurs process afin de pouvoir produire davantage de satellites, moins chers, et dans un temps de plus en plus court. « Pour répondre au projet de Google, il faudra être capable de produire deux satellites de 100 à 150 kilos par jour. Cela suppose une nouvelle façon de produire ».

Thales Alenia Space a déjà commencé à intégrer la fabrication additive : « Elle devient intéressante sur les métaux. On sait l’utiliser pour l’aluminium ou le titane, et bientôt pour l’invar (alliage de fer et de nickel) ou la céramique qui ont des propriétés qui nous intéressent, notamment pour baisser la masse des satellites à performances égales, et donc réduire le coût de lancement. Il y a aussi des caractéristiques thermiques qui nous intéressent ». Pour l’instant, les technologies disponibles ne permettent pourtant pas de faire de grandes pièces.

TRAÇABILITÉ NUMÉRIQUE

Le groupe réfléchit également à l’intégration de la cobotique sur la chaîne de montage, et plus globalement à l’ensemble des technologies de l’Usine du futur. « Nous regardons également la réalité augmentée mais nous voulons le faire de façon pragmatique et ambitieuse, explique également le directeur de l’innovation et des nouvelles technologies. Elle peut permettre à des opérateurs d’avoir, via des lunettes 3D, des informations de contexte : la notice de montage, les outils nécessaires, etc. Nos opérateurs passent en général cinq fois plus de temps à resituer le contexte opérationnel d’une manipulation que sur l’opération en elle-même ».Le groupe, qui a lancé un vaste chantier de mise à jour de ses logiciels de PLM (product life management), de MES (Manufacturing execution system) et d’ERP (Enterprise ressource planning), regarde également une traçabilité numérique des opérations et des produits, ainsi que la dématérialisation des dossiers de fabrication.

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